Anxiété : un mal silencieux mais répandu
Anxiété : et si c’était un message de votre corps à écouter, plutôt qu’un ennemi à fuir ?
L’anxiété touche aujourd’hui plus de 301 millions de personnes dans le monde
L’anxiété est un mal silencieux mais répandu qui touche aujourd’hui plus de 301 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2023). Dans les pays en développement comme dans les capitales d’Afrique de l’Ouest, la réalité est alarmante. Dakar, Abidjan ou Cotonou voient croître une population urbaine jeune, mobile, en constante mutation sociale et professionnelle. Cette tension, entre modernité et attentes traditionnelles, nourrit des formes spécifiques d’anxiété.
Loin d’être une émotion marginale, l’anxiété devient une composante majeure de notre époque. L’étude publiée dans l’OMS(2023) souligne que la pandémie de COVID-19 a accentué les troubles anxieux de 25,6 % dans le monde, avec une prévalence plus forte chez les femmes et les jeunes adultes .
L’anxiété, une réaction biologique normale
Le système nerveux à l’origine de nos réactions

L’anxiété n’est pas une faiblesse mais une fonction de survie. Elle active notre système nerveux autonome, mobilisant notre corps pour répondre à une menace perçue. Ce mécanisme a été décrit dès 1915 par Walter Cannon sous le nom de « fight or flight » (combat ou fuite).
Lorsque nous percevons un danger, le système sympathique s’active : le rythme cardiaque s’accélère, les pupilles se dilatent, la respiration devient plus rapide. Le corps se prépare à réagir. Une fois le danger écarté, le système parasympathique prend le relais pour rétablir l’équilibre.
Quand le système se dérègle

Ce mécanisme peut devenir chronique. Une étude de l’Université de Stanford (2022) a montré que chez les patients anxieux, l’amygdale cérébrale est suractivée, amplifiant les réactions émotionnelles et les biais attentionnels envers les menaces, même mineures.
Ce dérèglement peut entraîner une hypervigilance permanente, de l’épuisement, des troubles digestifs, des migraines ou des troubles du sommeil.
Les visages multiples de l’anxiété
Anxiété ou angoisse ?

Il est crucial de distinguer l’anxiété de l’angoisse. L’anxiété est orientée vers un objet ou un événement (présentation, entretien, accident à venir). Elle est explicable, mesurable.
L’angoisse, quant à elle, est un état de vide, sans cause identifiable. Kierkegaard, dans Le concept de l’angoisse (1844), décrit ce sentiment comme « le vertige de la liberté ». Ce vertige peut nous tétaniser. Il s’agit d’un vécu existentiel profond, souvent observé chez les patients en transition de vie ou de valeurs.
Symptômes courants et signaux d’alerte

L’anxiété peut se manifester sur trois plans :
- Physique : palpitations, douleurs thoraciques, tension musculaire, nausées.
- Comportemental : évitement, irritabilité, besoin de contrôle excessif.
- Cognitif : ruminations, anticipation négative, concentration altérée.
Le psychologue Peter Lang (1985) a formalisé ce modèle tripartite de l’anxiété, aujourd’hui utilisé en TCC.
Qui est le plus touché ?

Les jeunes adultes, les expatriés, les femmes en transition professionnelle ou familiale, sont les profils les plus concernés. Selon l’étude de harvard university, 67 % des femmes de moins de 35 ans déclarent avoir connu une souffrance psychique dans les 12 derniers mois.
Chez les expatriés africains ou européens en Afrique de l’Ouest, le sentiment de solitude, la barrière linguistique, les différences culturelles et les attentes familiales augmentent le risque de troubles anxieux, comme le démontre une étude qualitative menée à l’Université de Cape Coast au Ghana (Agyemang et al., 2022
TCC, Hypnose, EMDR : des solutions validées scientifiquement
La TCC, fondée sur les preuves

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) sont recommandées par la HAS (Haute Autorité de Santé) comme traitement de première intention pour les troubles anxieux. Elles reposent sur l’identification et la restructuration des pensées dysfonctionnelles et l’exposition progressive aux situations évitées.
Une méta-analyse a montré une efficacité significative des TCC sur le trouble anxieux généralisé, avec une amélioration chez 80 % des patients après 12 à 16 séances .
L’hypnothérapie pour l’anxiété

L’hypnose thérapeutique active les ressources internes du patient. Elle induit un état modifié de conscience favorable à la suggestion positive et à la régulation du stress. Elle est particulièrement indiquée dans les troubles anxieux somatiques (phobie, anxiété sociale, insomnie).
Un article de la revue médicale suisse a mis en évidence une réduction significative des scores d’anxiété (de 18 à 10 sur l’échelle de Spielberger) après 8 séances d’hypnose.
RITMO-EMDR : désensibiliser les souvenirs traumatiques

Le RITMO-EMDR est une méthode validée par l’OMS depuis 2013. Elle repose sur la stimulation bilatérale alternée (mouvements oculaires ou tapping) pour retraiter les souvenirs traumatiques.
Une méta analyse démontrant que l’EMDR diminue les symptômes anxieux post-traumatiques avec un taux de rémission de 77 % après six séances.
Cette technique est particulièrement utile pour les personnes ayant vécu :
- des accidents,
- des séparations brutales,
- des expériences d’exil ou d’expatriation difficile,
- des violences verbales ou physiques dans l’enfance.
Prendre soin de sa santé mentale au quotidien

L’hygiène mentale est aussi essentielle que l’hygiène corporelle. Voici quelques principes clés :
- Créer une routine stable (sommeil, repas, temps de pause).
- Éviter la surcharge d’informations anxiogènes.
- Pratiquer la respiration diaphragmatique ou la cohérence cardiaque (5 minutes 3 fois par jour).
- Entretenir des relations sociales saines.
- Apprendre à dire non.
La pleine conscience (mindfulness) a également montré son efficacité. Un article de Science et Avenir démontre qu’elle est aussi efficace qu’un antidépresseur (escitalopram) dans le traitement de l’anxiété généralisée .
Oser consulter : sortir du silence

Malgré les chiffres accablants, seulement 36 % des personnes souffrant d’anxiété consultent un professionnel. La peur du jugement, le manque d’accès à des spécialistes formés, la stigmatisation sociale restent des freins importants, surtout dans les sociétés où la santé mentale reste taboue.
Pourtant, de plus en plus de structures émergent au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Bénin, offrant un accompagnement psychothérapeutique adapté à la culture locale. En tant que thérapeute, j’intègre dans mon approche les spécificités identitaires, culturelles et spirituelles de chaque patient.
Anxiété, comprendre pour transformer

L’anxiété n’est pas une anomalie. Elle est un signal. Un appel à ralentir, à revoir ses priorités, à se reconnecter à soi. Grâce à des outils thérapeutiques validés comme la TCC, l’hypnose ou le RITMO EMDR, il est possible de retrouver un équilibre et de redevenir acteur de sa vie.
En tant que psychothérapeute spécialisé en TCC, hypnose et EMDR, j’accompagne les jeunes adultes, les femmes et les hommes en transition de vie, les expatriés et les populations en quête de sens dans un cadre confidentiel et respectueux.
Si votre anxiété vous freine, vous épuise ou vous isole, sachez qu’il existe des solutions. Vous n’avez pas à rester seul.e. Ce chemin peut commencer par une simple conversation.
Je propose mon expertise pour vous accompagner
Les sources :
- Etude IFOP pour la Fondation Ramsay Santé (2023)
- L’étude publiée dans l’OMS
- étude de l’Université de Stanford (2022) a montré que chez les patients anxieux, l’amygdale cérébrale est suractivée
- étude de harvard university, 67 % des femmes de moins de 35 ans déclarent avoir connu une souffrance psychique dans les 12 derniers mois
- Une méta-analyse de Cuijpers et al. (2023)
