La neuro-inclusion
quand l’entreprise s’adapte au cerveau (pas l’inverse)
Comment créer un cadre soutenant
Vous arrive-t-il de vous dire en réunion : « Je suis trop, pas assez, à côté de la plaque » tout en ayant pourtant des idées brillantes qui arrivent trop vite, trop fort, trop différemment.
Vous n’êtes pas seul
En 2026, de plus en plus de salariés découvrent un TDAH, un TSA, un trouble DYS ou un haut potentiel. Ils le font parfois après des années de fatigue, d’auto-critique et de performance en montagnes russes.
Les chiffres évoluent, mais plusieurs enquêtes internes en entreprises montrent qu’une part importante des collaborateurs se reconnaissent dans ces profils sans oser le dire, de peur du jugement ou de la stigmatisation.
Certaines études évoquent que près de la moitié des personnes concernées n’osent pas demander d’adaptation, ce qui alimente le stress, le désengagement et le départ silencieux.
Pourtant, les données disponibles sur les programmes de recrutement et de maintien en emploi des personnes autistes ou TDAH indiquent des taux de rétention supérieurs à 90% lorsque le cadre est pensé.
Les profils atypiques dans l’entreprise.
Autrement dit, la question n’est plus : « Faut-il des profils atypiques dans l’entreprise. »
Ils sont déjà là.
La vraie question devient donc: « Comment créer un cadre soutenant, cohérent, sécurisant, qui permet ainsi à ces cerveaux de déployer leurs forces sans s’épuiser. »
Les travaux récents sur la neurodiversité et le travail montrent aussi que les environnements qui normalisent des pratiques comme les horaires flexibles, les espaces calmes ou la communication asynchrone voient augmenter la satisfaction et la performance de l’ensemble des salariés, pas seulement des profils atypiques.
Dans cet article sur la neuro inclusion
D’abord, démêler ce que la science dit aujourd’hui des approches comme la TCC, la remédiation cognitive, la mindfulness, l’hypnose
, l’IFS ou la thérapie des schémas pour les profils neuro-atypiques, en particulier au travail.
Ensuite, montrer comment les entreprises peuvent bâtir un cadre neuro-inclusif qui retient les talents plutôt que de les user.
Enfin, vous offrir des outils concrets : mini-exercices, feuille de route sur quatre semaines, questionnaire d’auto-dépistage et FAQ pour vous guider vers une éventuelle consultation.
Qui suis-je?
Je m’appelle Delphine Delerue, psychopraticienne et fondatrice d’Agir & Devenir.
Mon référentiel s’appuie ainsi sur les TCC, les neurosciences, l’hypnose, la communication non violente, la mindfulness, la remédiation cognitive, la thérapie des schémas et l’IFS, avec une attention particulière aux troubles neurodéveloppementaux et aux contextes de travail.
Cet article n’a pas en effet vocation à remplacer un avis médical.
Il vise d’abord à vous donner des repères fondés sur les données disponibles, à la fois réalistes et porteurs d’espoir.
Si, à la lecture, vous vous reconnaissez ou pensez à un collaborateur, vous trouverez tout au long du texte des invitations à prendre rendez-vous ou à partager ces ressources, ainsi que des liens vers les consultations, les ateliers, le blog et le podcast d’Agir & Devenir.
Neuro-inclusion : de quoi parle-t-on concrètement en 2026 ?
La neuro-inclusion consiste à adapter l’organisation du travail aux différents fonctionnements cognitifs, plutôt que de demander à chacun de se couler dans un moule unique.
Il ne s’agit pas seulement d’aménager un poste pour une personne en situation de neurodiversité.
Il s’agit de penser les processus, la culture et le management à partir de la diversité des cerveaux.
Les adaptations à la neuro-inclusion
Les travaux récents sur les politiques universelles de soutien aux salariés neurodivergents montrent plusieurs leviers efficaces.
On y retrouve, par exemple, les horaires flexibles, les espaces silencieux, les modes de communication écrite et asynchrone, la possibilité de réguler les stimulations sensorielles, ou encore des parcours de carrière centrés sur les forces plutôt que sur la conformité.
Ces ajustements bénéficient à l’ensemble des équipes, en particulier dans des contextes de charge mentale élevée ou d’incertitude.
Pour les managers, la neuro-inclusion n’est ainsi pas un supplément d’âme.
C’est aussi un outil de rétention et de performance.
Des rapports récents montrent en effet que les organisations qui mettent en place des stratégies ciblées de soutien aux salariés neurodivergents (mentorat, flexibilités, accompagnement) constatent à la fois une réduction du turnover et une augmentation de l’engagement.
Outil pratique – Faire l’état des lieux de votre cadre
- Listez d’abord les moments de la semaine où vos équipes semblent le plus en tension (réunions, deadlines, open space bruyant).
- Repérez ensuite trois pratiques actuelles qui supposent un fonctionnement « standard » (réunions longues, consignes orales, réponses immédiates).
- Pour chacune, notez ainsi une alternative inclusive possible (compte rendu écrit, possibilité de caméra coupée, temps de réflexion avant réponse).
- Choisissez enfin une adaptation simple à tester pendant deux semaines avec l’équipe.
- Planifiez un temps court pour recueillir les retours, en particulier des personnes plus discrètes.
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND
Cet exercice convient bien aux équipes déjà sensibilisées à la diversité et qui disposent donc d’une certaine autonomie.
Un signal d’alerte serait en effet une résistance forte du management à toute adaptation, souvent signe de croyances rigides sur la « norme » de performance.
Pour les profils TND, prévoyez ainsi des supports écrits clairs, des repères temporels visuels, et offrez la possibilité de répondre par écrit ou de manière différée.
CTA : Vous souhaitez donc auditer votre cadre de travail et construire un plan d’action neuro-inclusif. Prenez rendez-vous pour une consultation ou un atelier dédié
TDAH, TSA, DYS, HPI : ce que la science dit des approches thérapeutiques
Dans les troubles de l’attention, la littérature récente souligne en effet l’intérêt d’approches TCC structurées et brèves.
Une étude de 2024 a montré qu’un programme TCC de six séances pour adultes avec TDAH produisait ainsi des améliorations comparables à un programme de douze séances sur la sévérité des symptômes, les comorbidités anxieuses et dépressives, et le fonctionnement.
Les effets se maintenaient à trois et six mois, ce qui donne donc un repère réaliste de durée.
En 2025, un protocole de remédiation cognitive numérique pour adultes TDAH décrit aussi une intervention sur douze semaines visant l’attention, la flexibilité et la mémoire de travail.
L’objectif principal porte ainsi sur la performance cognitive, avec une évaluation des effets sur la qualité de vie et les symptômes, ce qui montre une convergence entre interventions psychothérapeutiques et outils numériques
L’apport des TCC et la thérapie des schémas.
Parallèlement, une étude de 2025 sur un protocole TCC focalisé sur l’activation comportementale et la procrastination (CADDI) chez des adultes avec TDAH inattentif montre en effet une amélioration significative de l’activation, une bonne adhésion et une satisfaction élevée, malgré un contexte de pandémie.
Pour les difficultés de personnalité ou de schémas anciens, une étude randomisée de 2024 examine ainsi un programme de trente séances de thérapie des schémas comparé à un traitement habituel.Les premières données suggèrent en effet des bénéfices sur la régulation émotionnelle et le fonctionnement, avec un questionnement minutieux sur les effets indésirables et la charge de traitement.
L’IFS.
En parallèle, une revue de 2025 sur la thérapie IFS met ainsi en avant des résultats prometteurs sur la réduction des symptômes de traumatisme, de dépression, ainsi que des améliorations en auto-compassion et régulation émotionnelle, tout en rappelant que la plupart des études restent de petite taille et parfois sans groupe contrôle.
En pratique, cela signifie donc que l’on dispose aujourd’hui de plusieurs briques fiables mais qu’aucune n’est magique.
Les TCC brèves fonctionnent aussi bien sur des objectifs ciblés, la remédiation cognitive et les outils numériques peuvent renforcer l’attention, les approches de type IFS ou thérapie des schémas travaillent les racines profondes de l’auto-critique et du sentiment de décalage.
L’enjeu n’est donc pas de choisir une école contre une autre, mais de combiner ces approches de façon progressive et adaptée au contexte de vie, en particulier au travail.
Outil pratique – Clarifier votre objectif thérapeutique

- Prenez d’abord dix minutes pour noter ce qui vous gêne le plus aujourd’hui : concentration, impulsivité, sur-adaptation, épuisement, auto-critique.
- Pour chaque point, demandez-vous : est-ce plutôt un problème de compétences (outils) ou de blessures anciennes (honte, rejet, trauma).
- Associez ensuite un type d’approche possible : TCC ou remédiation pour les compétences ; IFS ou thérapie des schémas pour les blessures ; mindfulness et hypnose pour la régulation.
- Choisissez un objectif prioritaire pour les trois prochains mois, par exemple réduire les retards de dossiers ou retrouver de l’énergie le soir.
- Lors d’une consultation, partagez cette carte avec le thérapeute pour co-construire un plan.
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND
Cet exercice est d’abord indiqué si vous avez déjà un minimum de recul sur votre fonctionnement.
Si, en réfléchissant, vous sentez en effet monter une détresse intense, des idées suicidaires ou une impression de « trou noir », c’est un signal d’alerte pour demander rapidement un avis médical ou une évaluation spécialisée.
Pour les profils TND, prévoyez ainsi des blocs de réflexion courts, avec un timer et la possibilité de revenir plusieurs fois sur le même document.
CTA : Vous souhaitez un accompagnement qui combine donc TCC, hypnose, mindfulness, remédiation, IFS ou thérapie des schémas. Prenez rendez-vous via la page Consultations.
Hypnose et confiance en soi des profils atypiques : espoirs, preuves, précautions

Les personnes TDAH, autistes, DYS ou HPI vivent en effet souvent avec une voix intérieure dure, nourrie par des années de remarques sur leur fonctionnement plus lent, trop intense ou incohérent.
Cette auto-critique chronique fragilise la confiance en soi et augmente le risque de décrochage professionnel.
Les approches hypnotiques peuvent alors proposer un espace de réparation symbolique et sensorielle.Les études spécifiques sur l’hypnose pour les profils TND restent encore limitées, mais la littérature plus générale suggère des effets intéressants sur l’anxiété, la douleur chronique, certains symptômes dépressifs et la régulation émotionnelle, surtout lorsqu’elle s’intègre à un cadre TCC ou de thérapie des schémas.
Dans le contexte des profils atypiques, l’hypnose met l’accent sur le renforcement des ressources, la relecture des expériences de rejet et la construction d’un sentiment interne de sécurité.
Les retours cliniques montrent des gains en auto-compassion et une diminution du discours interne hostile, ce qui facilite ensuite la mise en place d’outils plus concrets au travail.Cependant, l’hypnose n’est pas une baguette magique ni un substitut aux traitements médicaux.
Elle peut agir comme un amplificateur de changement, à condition de respecter certaines précautions.
En cas de comorbidités sévères, de trauma complexe, de grossesse ou de pathologie médicale aiguë, un avis médical et une coordination pluridisciplinaire sont vivement recommandés.
Outil pratique – Mini-hypnose d’auto-compassion pour profils atypiques

Prévoyez cinq à dix minutes, dans un endroit calme, en position assise confortable.
- Fermez doucement les yeux ou baissez le regard et sentez le soutien de la chaise sous votre corps.
- Portez attention à votre respiration sans la modifier, comme si vous observiez les vagues d’une mer intérieure.
- Évoquez une situation récente où vous vous êtes jugé sévèrement au travail.
- Imaginez maintenant une version plus âgée, plus bienveillante de vous-même ou une figure de soutien qui regarde cette scène avec douceur.
- Laissez cette figure prononcer une phrase courte de soutien, réaliste et non magique, par exemple : « Tu fais de ton mieux avec un cerveau qui fonctionne différemment, et c’est précieux. »
- Terminez en notant une micro-action concrète pour vous soutenir dans la prochaine situation similaire (pause sensorielle, demande d’écrit, timer).
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND

Cet exercice est indiqué si vous avez déjà pratiqué la relaxation ou la méditation. Il convient aussi si vous vous sentez globalement en sécurité.
Si des souvenirs traumatiques envahissants surgissent, interrompez l’exercice. Ouvrez les yeux. Bougez. Revenez au présent. Si vous ressentez une déréalisation ou un malaise intense, contactez un professionnel.
Pour les profils TND, gardez les yeux ouverts si besoin. Bougez doucement. Utilisez un objet sensoriel (balle, couverture). Ajustez la durée à votre capacité d’attention.
CTA : Vous souhaitez explorer l’hypnose comme soutien à la confiance en soi et à la neuro-inclusion au travail. Prenez rendez-vous pour une séance individuelle.
Le cadre soutenant : l’outil de rétention que les managers sous-estiment

Un « cadre soutenant » ne se résume en effet pas à un règlement intérieur bien écrit. D’abord, c’est un environnement qui sécurise.
Les règles y sont claires. Elles peuvent être négociées dans certaines limites. Surtout, elles s’ajustent aux besoins réels des personnes. Cela inclut aussi celles qui ne se déclarent pas neurodivergentes.
Les recherches sur la rétention des salariés neurodivergents vont dans le même sens. Les organisations qui investissent dans des dispositifs structurés (mentorat, binômes, groupes de pairs, ajustements de poste) observent moins de turnover. Elles gagnent aussi en stabilité stratégique.
Dans la tech, certains programmes montrent des taux de rétention très élevés pour les salarié·es autistes. Cela arrive quand des ajustements simples sont mis en place. Par exemple : des consignes explicites, l’accès à des espaces calmes, et des évaluations centrées sur les livrables. On évite ainsi de survaloriser la communication informelle.
Pour les managers, le cadre soutenant repose sur trois piliers.
D’abord, la prévisibilité : horaires, livrables, canaux de communication.
Ensuite, la flexibilité : possibilité de moduler le « comment » tant que le « quoi » est respecté.
Enfin, la sécurité psychologique : droit à l’erreur, possibilité de dire « je ne peux pas traiter cette demande en urgence » sans craindre une sanction implicite.
Outil pratique – Construire un micro-cadre soutenant en équipe
- Organisez un temps de 30 minutes pour recenser les moments où le cadre actuel crée de la confusion ou du stress.
- Écrivez ensemble un « accord d’équipe » simple, avec trois règles de clarté (exemple : délai minimal pour les demandes urgentes, format des consignes, temps de réponse attendu).
- Ajoutez deux pratiques de flexibilité (exemple : droit à la pose d’écouteurs dans l’open space, possibilité de caméra coupée en réunion pour ceux qui le souhaitent).
- Décidez d’un point de révision mensuel de cet accord.
- Vérifiez que chacun sait à qui s’adresser en cas de besoin d’adaptation plus spécifique.
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND

Cet outil s’adresse à des équipes prêtes à faire évoluer leur culture, même progressivement.
Un signal d’alerte est la tendance à rendre implicites des attentes de disponibilité totale, ou à valoriser systématiquement ceux qui acceptent toutes les urgences.
Pour les collaborateurs TND, veillez à expliciter par écrit les accords et à les rendre facilement consultables, avec une possibilité de feedback anonyme.
CTA : Vous êtes manager ou RH et souhaitez co-construire un cadre soutenant pour vos équipes. Découvrez les Ateliers et prenez rendez-vous pour un accompagnement sur mesure.
Mindfulness, TCC et remédiation cognitive : des briques d’hygiène mentale

Dans le contexte des TND, les difficultés d’attention sont fréquentes au travail. L’organisation et la gestion des priorités posent aussi problème. L’impulsivité peut amplifier la fatigue et les tensions.
Les protocoles de TCC centrés sur l’activation, la planification et les pensées automatiques apportent une structure rassurante. Ils fonctionnent souvent mieux en format court. Ils gagnent aussi à rester concrets.
La mindfulness complète cette approche. Elle aide à repérer plus tôt la dérive attentionnelle. Elle permet aussi de détecter l’emballement émotionnel. Et cela, sans tomber dans la culpabilité automatique.
La remédiation cognitive cible des fonctions précises. Par exemple : l’attention soutenue, la mémoire de travail, ou la flexibilité mentale. Elle peut se faire en présentiel. Elle peut aussi passer par des plateformes numériques.
Le protocole TCC/remédiation cognitive par exemple, propose douze semaines d’entraînement personnalisé pour des adultes avec TDAH. L’objectif est d’améliorer la performance cognitive. Mais aussi la qualité de vie.
Ces outils ne remplacent pas un traitement médicamenteux quand il est indiqué. En revanche, ils peuvent compléter une prise en charge. Ils offrent aussi une alternative pour celles et ceux qui ne peuvent pas, ou ne souhaitent pas, recourir à la pharmacologie.
Outil pratique – Routine « attention bienveillante » pour le travail

- Choisissez une tâche importante pour la journée.
- Avant de commencer, prenez une minute pour noter sur un post-it : objectif de la session, durée, distracteurs possibles.
- Lancez un timer de 15 à 25 minutes et accordez-vous le droit d’être entièrement focalisé sur cette tâche pendant ce temps.
- À chaque fois que votre attention part, notez mentalement « je reviens » et ramenez-la au geste en cours, sans commentaire.
- À la fin du timer, observez simplement ce qui a avancé, sans jugement, puis prenez une micro-pause sensorielle (étirements, eau, lumière du jour).
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND

Cette routine convient aux personnes qui se sentent débordées mais pas en crise aiguë.
Si la simple idée de vous concentrer 15 minutes augmente votre anxiété ou réactive des souvenirs d’échec scolaire, il peut être nécessaire d’ajuster la durée ou de travailler d’abord sur la sécurité interne.
Pour les profils TND, n’hésitez pas à réduire le temps à cinq ou dix minutes, à utiliser des timers visuels et à mettre en place des repères sensoriels stables (objet rassurant, musique neutre).
CTA : Vous voulez construire une routine d’hygiène mentale adaptée à votre profil. Prenez rendez-vous pour une séance de remédiation cognitive et d’outillage TCC.
IFS et thérapie des schémas : travailler l’auto-critique et le sentiment de décalage

De nombreuses personnes neurodivergentes décrivent ainsi une expérience d’« étrangeté » durable.
Elles ont en effet intériorisé des messages du type « tu es trop compliqué·», « tu dramatises », « tu ne fais pas assez d’efforts ».
Ces messages deviennent donc des schémas internes qui se réactivent au moindre accroc au travail.
La thérapie des schémas, dans ses versions contemporaines, cible ainsi précisément ces modes de fonctionnement rigides hérités de l’enfance et de l’adolescence.
L’étude de 2024 sur trente séances de thérapie des schémas montre également une volonté de documenter non seulement les bénéfices, mais aussi les éventuels effets indésirables, ainsi que les questions d’adhésion à un traitement long.
De son côté, une revue de 2025 sur l’IFS recense des études mettant en évidence des réductions de symptômes de PTSD, de dépression, des améliorations en auto-compassion et en régulation émotionnelle, tout en soulignant la nécessité de travaux plus robustes.
Dans le cadre des profils atypiques, ces approches permettent de dialoguer avec les « parties » internes qui critiquent, sabotent, se cachent ou se sur-adaptent.
On travaille alors à développer un « Self » plus stable, capable de prendre soin des parties épuisées, anxieuses ou en colère.
Ce travail est particulièrement pertinent quand l’auto-critique bloque la mise en place d’outils concrets, ou quand l’histoire de vie est marquée par le harcèlement scolaire, le masking et le burnout récurrent.
Outil pratique – Cartographier ses « parties au travail »

- Choisissez une situation typique de stress au travail (réunion, mail en retard, conflit).
- Notez les différentes « voix » ou « parties » qui apparaissent : par exemple « la perfectionniste », « la rebelle », « la protectrice épuisée ».
- Pour chaque partie, notez ce qu’elle tente de vous éviter (honte, rejet, incompréhension).
- Identifiez une qualité de chaque partie (exigence, créativité, sens de la justice).
- Demandez-vous : « Si une version plus calme de moi-même pouvait parler à ces parties, que leur dirait-elle pour les rassurer. »
Indications, signaux d’alerte, adaptations TND
Cet exercice est indiqué lorsque vous avez déjà un minimum de stabilité émotionnelle.
Si vous sentez que certaines parties prennent toute la place et que vous perdez le sens de qui vous êtes, il est important de faire ce travail avec un thérapeute formé.
Pour les profils TND, l’utilisation de couleurs, de dessins ou de supports visuels peut aider à rendre ces parties plus concrètes et moins écrasantes.CTA : Vous souhaitez explorer vos schémas et vos « parties » internes pour apaiser l’auto-critique. Prenez rendez-vous pour un accompagnement en IFS et thérapie des schémas.
Starter 4 semaines : feuille de route neuro-inclusive

Ce programme n’est pas une ordonnance ni une garantie de résultats.
C’est une proposition de cadre expérimental sur quatre semaines, à adapter selon votre contexte, vos ressources et vos éventuels traitements en cours.
S1 – Observer sans juger
- Objectif : prendre conscience des situations qui vous épuisent ou vous stimulent sans changer quoi que ce soit.
- Micro-habitudes :
- Noter chaque jour une situation au travail où vous avez perdu le fil ou explosé.
- Noter une situation où votre fonctionnement vous a aidé (intuition, hyperfocus, créativité).
- Repères sensoriels : identifier un endroit ou un objet qui vous apaise au travail.
- Timer : tester une première session d’attention de cinq à dix minutes sur une tâche clé.
S2 – Ajuster le cadre
- Objectif : introduire une adaptation concrète dans votre quotidien.
- Micro-habitudes :
- Demander une consigne écrite pour une tâche importante.
- Bloquer un créneau « sans réunion » si possible.
- Repères sensoriels : préparer un kit personnel (bouteille d’eau, casque, snack neutre).
- Timer : deux sessions par jour de dix à quinze minutes sur des tâches prioritaires.
S3 – Renforcer la sécurité interne
- Objectif : apaiser l’auto-critique et le sentiment d’illégitimité.
- Micro-habitudes :
- Pratiquer la mini-hypnose d’auto-compassion trois fois dans la semaine.
- Noter chaque fin de journée une chose réalisée grâce à votre fonctionnement singulier.
- Repères sensoriels : installer un rituel de transition travail‑maison (marche, thé, musique).
- Timer : une session d’attention soutenue associée à une micro-pause sensorielle après.

S4 – Consolider et décider de la suite
- Objectif : faire le bilan et envisager une démarche d’accompagnement si besoin.
- Micro-habitudes :
- Reprendre les notes des semaines précédentes et repérer les évolutions.
- Identifier un domaine où vous aimeriez aller plus loin (organisation, relations, émotions).
- Repères sensoriels : ajuster votre environnement selon ce qui a fonctionné.
- Timer : choisir le format de sessions qui vous convient et le planifier sur un mois.
Si, au cours de ces quatre semaines, vous observez une détérioration significative de votre humeur, des idées noires, une consommation accrue de substances ou des conflits répétés au travail, il est important de consulter un médecin ou un·e spécialiste des TND.
CTA : Vous souhaitez transformer cette feuille de route en accompagnement personnalisé. Prenez rendez-vous dès maintenant via la page Contact / Prendre RDV.
Questionnaire d’auto-dépistage : dois-je consulter ?

Ce questionnaire ne remplace pas un diagnostic médical ni une évaluation spécialisée.
Il peut toutefois vous aider à décider s’il serait utile de consulter.
Pour chaque affirmation, cochez :
0 = Jamais / 1 = Parfois / 2 = Souvent / 3 = Très souvent
Les questions:
- J’ai du mal à rester concentré sur une même tâche au travail.
- Je suis souvent en retard ou en difficulté pour respecter les délais.
- Je me sens fréquemment « à côté » des codes implicites au travail.
- Je parle soit trop, soit trop peu en réunion par rapport aux autres.
- Je dois fournir beaucoup d’efforts pour supporter le bruit, la lumière ou les interactions multiples.
- Je me surprends à « jouer un rôle » au travail au point d’être épuisé·e en fin de journée.
- Je suis très sensible à la critique et je rumine longtemps après un feedback négatif.
- J’alterne des périodes de surperformance et de blocage complet.
- J’ai souvent entendu dans mon histoire « tu pourrais mieux faire si tu t’y mettais. »
- J’ai du mal à prioriser les tâches et je me perds dans les détails ou les urgences.
- J’ai le sentiment que mon cerveau fonctionne différemment, sans savoir comment l’expliquer.
- Je rêve de pouvoir travailler autrement, mais je ne sais pas par où commencer.
Scores partiels
- Fonctionnement attentionnel / organisation (items 1, 2, 8, 10).
- Sensibilité sociale / masking (items 3, 4, 6).
- Auto-critique / estime de soi (items 5, 7, 9, 11, 12).
Additionnez les scores de chaque sous-domaine.
Plus les scores sont élevés, plus il est pertinent d’en parler avec un·e professionnel·le.
Interprétation prudente
- Si vous obtenez 6 ou plus dans un sous-domaine, une consultation peut vous aider à clarifier la situation et à trouver des stratégies adaptées.
- Si vous obtenez des scores élevés dans les trois domaines, il est recommandé de demander une évaluation plus complète, en particulier si ces difficultés impactent votre santé, vos relations ou votre travail.
Ce questionnaire ne pose pas de diagnostic.
Il s’agit d’un outil de réflexion pour faciliter la prise de décision.
CTA final : Vous vous reconnaissez dans plusieurs items et souhaitez en parler. Cliquez sur « Prendre rendez-vous » pour une première consultation. Ne remplace pas un avis médical.
FAQ – Neuro-inclusion, hypnose et accompagnement
1. L’hypnose peut-elle palier à un traitement médicamenteux pour le TDAH ou l’anxiété ?
Non.
Les études disponibles montrent que les traitements médicamenteux restent une option possible (pas obligatoire) pour de nombreuses personnes, en particulier pour le TDAH.
L’hypnose peut agir comme un complément, en aidant à la régulation émotionnelle, à la confiance en soi et à la gestion des situations stressantes, mais elle ne se substitue pas à une prise en charge médicale.
2. Combien de temps faut-il pour observer des effets d’une TCC ou d’un programme de remédiation cognitive ?
Les protocoles récents de TCC pour adultes avec TDAH montrent en effet des changements significatifs après six à douze séances, avec un maintien des effets à moyen terme.
Les programmes de remédiation cognitive, comme les plateformes d’entraînement attentionnel, s’étalent souvent sur huit à douze semaines, avec des évaluations à un mois pour vérifier la persistance des effets.
Ces durées varient selon les personnes, la sévérité des difficultés et la présence de comorbidités.
3. Est-ce compatible de suivre une thérapie des schémas ou un travail IFS si je suis déjà en TCC ou sous médication ?
Oui, à condition que les professionnels qui vous accompagnent communiquent entre eux ou, au minimum, que vous les informiez des différentes prises en charge.
Les approches TCC, IFS et thérapie des schémas peuvent se compléter : les premières offrent des outils concrets, les secondes travaillent en profondeur les schémas et les « parties ».
Cependant, en cas de troubles sévères, de trauma complexe ou de risque suicidaire, il est indispensable d’avoir un avis médical et un suivi coordonné.
4. La neuro-inclusion coûte-t-elle cher à l’entreprise ?
Les données disponibles suggèrent que les ajustements raisonnables (flexibilité des horaires, aménagements sensoriels, formations au management inclusif) sont peu coûteux au regard des bénéfices en termes de fidélisation, de réduction du turnover et de performance.
Les coûts invisibles d’une non-inclusion se traduisent en absences, départs, désengagement et « quiet quitting ».
Investir dans un cadre soutenant constitue donc une stratégie de gestion des risques et de fidélisation des talents.
5. Peut-on revenir au travail ou aux études après un burnout lié à un TND non reconnu ?
Oui, à condition de prendre au sérieux la dimension neurodéveloppementale et de ne pas se contenter d’un simple retour « comme avant ».
Un temps d’évaluation, un accompagnement thérapeutique et un travail avec l’employeur ou l’établissement sont souvent nécessaires pour adapter le cadre et éviter la répétition.
Les programmes de réintégration progressifs, avec ajustements du temps de travail et soutien psychologique, montrent des résultats encourageants en termes de maintien dans l’emploi.
Si vous voulez un cadre clair, des outils concrets, et un accompagnement contenant : prenez rendez-vous.
Et si vous préférez commencer en douceur : explorez les articles du blog .
Les ressources :
Article neurodivergents IA et entreprise: transformation du travail et intelligence collective:
« Les early adopters IA ne sont pas des geeks… Ils sont neurodivergents »
À écouter : le Podcast
Podcast
L’intégration des profils neuro-atypiques en entreprise
Gabrielle Blinet. Episodes sur neurodiversité et travail, TDAH adulte, autisme et emploi.
Podcast « TDAH adulte »
Chaîne YouTube
- Chaîne « How to ADHD » – plusieurs vidéos très pertinentes sur TDAH au travail, organisation, communication avec les managers.
Sources PubMed (articles récents)
- Kalmanovich-Cohen, D. et al. (2025). Rethinking universal support for neurodivergent employees. Frontiers in Psychology.
Aller au-delà de la divulgation: repenser le soutien universel aux employés neurodivergents
- Guastella, A.J. et al. (2025). Improving Accessibility for Work Opportunities for Adults With Autism: Study Protocol for a Supported Workplace Program. JMIR Research Protocols.
Améliorer l’accessibilité pour les possibilités de travail pour les adultes atteints d’autisme dans un programme de travail soutenu de bout en bout: Protocole pour une étude de cohorte de méthodes mixtes
- Kalmanovich-Cohen, D. et al. (2025). Rethinking universal support for neurodivergent employees. Frontiers in Psychology.
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