Burnout autistique : pourquoi ce n'est pas une dépression
Ce que le masquage coûte au cerveau
Elle a quarante-deux ans, un poste à responsabilité et une réputation de collègue fiable. Un lundi, pourtant, elle ne parvient plus à décrocher le téléphone. Les bruits du bureau la transpercent, tandis que les mots se dérobent. Son médecin évoque une dépression, puis un épuisement professionnel. Il s’agit en réalité d’un burnout autistique.
Aucun des traitements proposés ne l’aide donc vraiment. Quelques mois plus tard, un bilan révèle enfin son fonctionnement autistique, longtemps resté invisible. Comme beaucoup de femmes diagnostiquées tard, elle s’adaptait en effet depuis l’enfance, au prix d’une fatigue immense.
Or ce tableau se confond facilement avec la dépression, y compris chez les soignants. Pourtant, ses causes, ses signes et ses remèdes diffèrent. Au cœur du problème se trouve le masquage social, cet effort constant pour paraître « comme tout le monde ».
Cet article vous aide donc à distinguer ces trois états et à comprendre le coût du camouflage. Vous y trouverez ensuite des outils issus des thérapies contextuelles, de l’IFS et de la thérapie sensorimotrice. Enfin, un starter de quatre semaines, un questionnaire et une FAQ vous aideront à passer à l’action.
Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? Si c’est le cas, un premier échange gratuit de 15 à 30 minutes permet de faire le point. Il se déroule à Dakar ou en ligne. Échanger avec Delphine |
Qu'est-ce que le burnout autistique ? Une définition enfin posée par la recherche
En bref : le burnout autistique est un épuisement profond et durable, propre aux personnes autistes. Il associe ainsi fatigue massive, perte de compétences et baisse de tolérance aux stimulations. Selon Dora Raymaker (2020), il naît d’un stress chronique, lorsque les attentes dépassent durablement les ressources. |
Pendant longtemps, l’expression a circulé seulement sur les forums et les réseaux sociaux. Des adultes autistes y décrivaient notamment une fatigue impossible à mesurer. En 2020, l’équipe de Dora Raymaker a enfin proposé une première définition empirique dans la revue Autism in Adulthood. Fait rare, ce travail a été co-construit avec des chercheurs eux-mêmes autistes.
Trois caractéristiques dominent ce tableau : un épuisement chronique, une perte de compétences et une tolérance réduite aux stimulations. Par exemple, parler, cuisiner ou traverser un supermarché éclairé devient soudain hors de portée. D’après les auteurs, ces épisodes durent souvent plus de trois mois.
Par ailleurs, l’étude identifie une cause principale : des exigences de vie qui dépassent durablement les capacités, sans soutien suffisant. Autrement dit, ce n’est pas l’autisme qui épuise, mais l’écart répété entre la personne et son environnement. Puis, en 2023, Samuel Arnold et ses collègues ont confirmé ce portrait auprès de 141 adultes autistes. Ceux-ci décrivent également un besoin impérieux de retrait social, avec des épisodes courts ou très longs.
Outil pratique : le relevé d’énergie du soir
- Chaque soir, prenez deux minutes, avec un minuteur si cela vous aide.
- Notez votre niveau d’énergie de 0 à 10, sans le justifier.
- Ensuite, écrivez les deux situations qui vous ont le plus coûté.
- Puis repérez un moment qui vous a rechargé, même brièvement.
- Enfin, au bout de deux semaines, relisez vos notes pour dégager des tendances.
⚠ Encadré sécurité : ce relevé sert à vous observer, donc jamais à vous juger. Si l’énergie reste sous 3 pendant plusieurs semaines, parlez-en à un médecin. Une fatigue durable peut en effet avoir une cause somatique, comme une anémie ou un trouble thyroïdien. |
Burnout autistique, burnout professionnel ou dépression : comment les distinguer ?
| En bref : les trois états partagent l’épuisement, mais leurs mécanismes diffèrent. Ainsi, le burnout professionnel naît des conditions de travail. La dépression touche d’abord l’humeur et le plaisir. Le burnout autistique, en revanche, découle d’une surcharge sociale et sensorielle cumulée, avec une perte de compétences. |
Or la confusion reste fréquente, y compris chez les professionnels de santé. Dans l’étude d’Arnold, de nombreux participants avaient d’abord reçu un autre diagnostic. Parmi les étiquettes citées figuraient notamment dépression, anxiété, trouble bipolaire ou personnalité borderline.
Cette erreur a donc des conséquences concrètes. Par exemple, un arrêt de travail soulage souvent le burnout professionnel. Toutefois, s’il se déroule dans un logement bruyant, il ne recharge pas un cerveau autistique saturé. De même, sortir voir du monde aide parfois la personne déprimée, tandis que cela aggrave souvent le burnout autistique.
Attention cependant, ces états peuvent coexister. Dans un second article, la même équipe observe en effet que 98 % des participants dépassaient le seuil de dépression. Masquage et dépression y étaient tous deux liés à la sévérité du burnout. Ainsi, distinguer ne signifie pas opposer : il s’agit de savoir quoi soigner en premier. Si vous cherchez des repères propres au travail, consultez notre guide de prévention du burnout.
| Critère | Burnout professionnel | Dépression | Burnout autistique |
| Origine principale | Conditions et charge de travail | Multifactorielle (biologique, psychique, sociale) | Masquage, surcharge sensorielle et sociale, décalage avec l’environnement |
| Plaisir | Souvent préservé hors travail | Diminué globalement | Souvent préservé pour les intérêts spécifiques, si l’énergie le permet |
| Compétences | Efficacité réduite au travail | Ralentissement général | Perte de compétences (langage, organisation, autonomie) |
| Sensorialité | Peu modifiée | Peu modifiée | Hypersensibilité nettement accrue |
| Ce qui aide | Changer le cadre de travail, se reposer | Soins adaptés, parfois traitement médical | Réduire les demandes, retrait sensoriel, démasquage progressif |
Outil pratique : le test du plaisir au calme
- D’abord, choisissez une activité que vous aimiez vraiment, seul et sans enjeu.
- Puis accordez-vous quinze minutes de cette activité, dans un lieu peu stimulant.
- Observez si le plaisir revient lorsque le bruit et les contraintes sociales disparaissent.
- Enfin, notez la réponse sans conclure seul : c’est un indice à partager avec un professionnel.
| ⚠ Encadré sécurité : cet exercice ne remplace pas un diagnostic, car il reste indicatif. Une dépression peut accompagner un burnout autistique et demande alors un avis médical. Par ailleurs, tristesse persistante, perte d’appétit ou pensées noires justifient une consultation rapide. |
Le masquage social : l'effort invisible qui vide la batterie
En bref : le masquage, ou camouflage social, regroupe les stratégies utilisées pour paraître non autiste. Il protège certes à court terme, cependant il consomme énormément d’énergie. Les travaux récents le relient à l’épuisement, à l’anxiété et au burnout autistique, même si ses mécanismes biologiques restent discutés. |
Forcer un regard, préparer des phrases toutes faites, sourire au bon moment : ces efforts semblent anodins. Pourtant, ils mobilisent en continu l’attention et le contrôle de soi. Ainsi, en 2017, Laura Hull et son équipe ont interrogé 92 adultes autistes sur ces stratégies quotidiennes.
Deux ans plus tard, ces chercheurs ont publié l’échelle CAT-Q, qui mesure trois dimensions. La compensation consiste à pallier les difficultés sociales, notamment grâce à des scripts. Vient ensuite le masquage proprement dit, qui surveille le visage, la voix et la posture. L’assimilation, enfin, pousse à se fondre dans le groupe, quitte à jouer un rôle.
Imaginez par exemple un logiciel de traduction qui tourne en arrière-plan toute la journée. Il fonctionne, mais il vide la batterie. De plus, une revue systématique publiée en 2026 confirme ce lien vécu entre camouflage et burnout. L’épuisement réduirait ensuite la capacité à masquer, ce qui rend le burnout soudain visible.
Néanmoins, la biologie reste plus complexe que le récit. Une étude de jumeaux parue en 2025 relie ainsi le camouflage au stress ressenti. En revanche, elle ne retrouve pas de cortisol capillaire plus élevé. Le coût du masquage est donc bien réel, même si ses mécanismes physiologiques restent à éclaircir.
Outil pratique : la carte de mes masques
- D’abord, pendant une semaine, repérez trois moments où vous avez joué un rôle.
- Pour chacun, nommez la stratégie : script, regard forcé, imitation ou sourire.
- Évaluez ensuite son coût en énergie, de 0 à 10.
- Si vous le souhaitez, choisissez un seul masque à alléger, dans un lieu sûr.
⚠ Encadré sécurité : démasquer brutalement n’est ni obligatoire ni toujours prudent. En effet, dans certains milieux, le masquage protège de la discrimination ou du harcèlement. L’objectif consiste donc à choisir où et quand l’alléger, sans le supprimer partout. |
Femmes, diagnostic tardif et idées suicidaires : ce que disent les données
En bref : beaucoup de femmes autistes sont diagnostiquées tard, souvent après un épuisement. Le camouflage retarde en effet la reconnaissance de leur profil. De plus, les méta-analyses récentes montrent un risque suicidaire élevé chez les adultes autistes sans déficience intellectuelle. Cette donnée justifie donc une vigilance particulière. |
Les critères de l’autisme ont d’abord été décrits à partir de garçons au comportement visible. Par conséquent, de nombreuses filles apprennent tôt à masquer, parfois avec une grande efficacité. À l’âge adulte, elles consultent notamment pour anxiété, épuisement ou difficultés alimentaires. Le diagnostic arrive alors à trente, quarante ou cinquante ans.
Les données de santé mentale invitent par ailleurs à la vigilance. En 2023, la méta-analyse de Victoria Newell a réuni 36 études et plus de 48 000 participants. Environ un tiers des personnes autistes ou possiblement autistes y rapportaient des idées suicidaires. Près d’une sur quatre avait déjà fait une tentative.
Ensuite, une revue de 2023 et une méta-analyse de 2024 relient le camouflage à l’anxiété et à la dépression. Les travaux de Sarah Cassidy l’associent aussi aux pensées suicidaires. Toutefois, ces études restent surtout transversales : elles montrent un lien, sans prouver de causalité.
Le diagnostic, même tardif, apporte cependant souvent un réel soulagement. Il permet de relire son histoire sans honte et d’ajuster enfin son environnement. Si vous souhaitez approfondir, notre article pilier sur la neurodivergence présente les outils qui fonctionnent.
Outil pratique : mon plan de sécurité en quatre lignes
- D’abord, notez vos signaux d’alerte personnels, sur une fiche ou dans votre téléphone.
- Ajoutez ensuite deux actions apaisantes réalisables seul, comme une pièce sombre ou un casque antibruit.
- Puis inscrivez le nom d’une personne de confiance à prévenir.
- Enfin, gardez les numéros d’urgence bien visibles.
⚠ Encadré sécurité : si des pensées suicidaires apparaissent, ne restez pas seul·e avec elles. En France, le 3114 répond jour et nuit ; ailleurs, notamment au Sénégal, contactez les urgences locales. Car un burnout autistique se soigne, et il ne doit pas être traversé en silence. |
Vous traversez peut-être cet épuisement sans savoir le nommer. Nous pouvons alors en parler en toute confidentialité, à Dakar ou en visio, si vous le souhaitez. Échanger avec Delphine
Choisir ses valeurs plutôt que la conformité
En bref : démasquer ne consiste pas à tout changer, mais à retrouver ce qui compte pour soi. Au cabinet, ce travail sur les valeurs associe TCC contextuelles, pleine conscience, hypnose et thérapie des schémas. Les premières données chez les adultes autistes sont encourageantes, bien que préliminaires. |
Le masquage obéit souvent à une règle silencieuse : « Je dois paraître normal pour être accepté. » Chez Agir & Devenir, cette règle n’est ni combattue ni jugée. Elle est d’abord accueillie comme une stratégie de survie apprise très tôt, puis explorée avec curiosité.
Concrètement, l’accompagnement distingue deux boussoles. La conformité répond à la peur du rejet. Une valeur, en revanche, désigne une direction choisie : l’honnêteté, la curiosité, la tendresse ou la justice. Lorsque l’on masque par crainte, l’énergie s’épuise vite. Agir selon une valeur donne au contraire un sens à l’effort.
En séance, j’associe plusieurs outils selon votre profil et votre rythme. Grâce à la pleine conscience, vous repérez d’abord le moment où le masque se met en place. La thérapie des schémas éclaire ensuite les croyances anciennes, comme « je suis trop différent ». L’hypnose permet enfin d’expérimenter, en sécurité, une manière d’être plus authentique. Découvrez mes méthodes pour en savoir plus.
Côté recherche, un essai pilote suédois de 2023 a testé un programme de groupe issu des thérapies contextuelles. Il réunissait 39 adultes autistes. Des améliorations du stress perçu et de la qualité de vie y ont été observées. Toutefois, l’échantillon reste petit : ces résultats orientent la pratique sans la dicter. Par ailleurs, ce travail nourrit la confiance en soi et l’art de poser des limites.
Outil pratique : la boussole valeurs ou conformité
- D’abord, choisissez une situation sociale à venir, par exemple une réunion.
- Prenez trois respirations lentes, puis écrivez ce que la conformité vous y demanderait.
- Notez ensuite ce que votre valeur principale vous inviterait à faire.
- Repérez un petit geste fidèle à cette valeur, comme demander l’ordre du jour par écrit.
- Enfin, après la réunion, évaluez votre énergie et ce que ce geste a changé.
⚠ Encadré sécurité : questionner ses valeurs peut réveiller des émotions anciennes. Avancez à petits pas, avec des consignes écrites si cela vous aide. Si la dépression est sévère, ce travail complète le suivi médical sans jamais le remplacer. |
➜ Vous aimeriez adapter ces outils à votre histoire et à votre fonctionnement ? Échanger avec Delphine ou découvrir les consultations en ligne et à Dakar. |
IFS : rencontrer la « partie masque » qui vous protège
En bref : l’IFS considère le psychisme comme un système de parties. Le masque peut ainsi y être vu comme une partie protectrice, née pour éviter le rejet. Plutôt que de l’arracher, on apprend à l’écouter, puis à la remercier. Cependant, aucune preuve spécifique à l’autisme n’existe encore. |
Dans le modèle de Richard Schwartz, certaines parties gèrent le quotidien de façon préventive. On les appelle les managers. Chez beaucoup d’adultes autistes, le masque ressemble ainsi à un manager infatigable. Dès l’école, en effet, il a appris que la différence attirait moqueries ou exclusion.
Ce regard transforme la relation au masque. Au lieu de le vivre comme une trahison de soi, vous pouvez reconnaître son intention protectrice. Ensuite, il devient possible de vérifier s’il protège d’un danger actuel, ou d’un danger ancien.
Soyons honnêtes : à notre connaissance, aucun essai contrôlé n’évalue l’IFS chez les adultes autistes. Les données disponibles portent surtout sur le traumatisme et la dépression, avec de petits échantillons. L’intérêt de l’IFS tient donc ici à sa cohérence clinique, non à une preuve établie. Pour approfondir, lisez notre article sur les parts intérieures ou découvrez la thérapie IFS au cabinet.
Outil pratique : dialoguer cinq minutes avec la partie masque
- D’abord, installez-vous au calme, lumière douce, minuteur réglé sur cinq minutes.
- Puis repensez à une situation récente où vous avez masqué.
- Demandez intérieurement à cette partie : « De quoi as-tu peur si tu t’arrêtes ? »
- Accueillez sa réponse, par écrit ou à voix basse, sans la corriger.
- Remerciez-la, puis notez un lieu où elle pourrait se reposer.
Thérapie sensorimotrice : apaiser le corps avant de raisonner
En bref : le burnout autistique s’accompagne souvent d’une hypersensibilité accrue. La thérapie sensorimotrice aide ainsi à repérer les signaux du corps et à retrouver un état plus calme. Elle n’a pas été évaluée dans l’autisme, mais ses outils s’adaptent bien aux profils sensoriels. |
Lorsque le burnout s’installe, la lumière, le bruit ou les textures deviennent parfois insupportables. Raymaker et ses collègues placent cette tolérance réduite parmi les trois piliers du tableau. Or un système nerveux saturé raisonne mal : il faut d’abord l’apaiser.
Développée par Pat Ogden, la thérapie sensorimotrice part des sensations, des postures et des mouvements. Elle travaille la fenêtre de tolérance, cette zone où l’on reste présent sans être submergé. De plus, auprès d’une personne autiste, l’accompagnement respecte ses préférences sensorielles, sans forcer la désensibilisation.
La prudence s’impose néanmoins : les données sur cette approche restent limitées, et aucune étude ne cible le burnout autistique. Ses outils se combinent donc à d’autres méthodes, comme l’hypnose associée aux TCC. Enfin, les personnes très anxieuses trouveront des repères dans notre article sur les TCC et l’anxiété.
Outil pratique : le kit de régulation sensorielle
- D’abord, listez trois sensations qui vous apaisent : pression, son continu, obscurité ou balancement.
- Rassemblez ensuite les objets correspondants dans une boîte, comme un casque ou des lunettes teintées.
- Définissez un signal corporel précoce, par exemple les mâchoires serrées.
- Puis, dès ce signal, accordez-vous dix minutes de kit, minuteur à l’appui.
- Enfin, notez votre tension avant et après, de 0 à 10.
⚠ Encadré sécurité : une couverture lestée ne convient pas à tout le monde. Elle est notamment déconseillée en cas de problème respiratoire ou cardiaque. Demandez un avis médical en cas de doute. Par ailleurs, une surcharge quotidienne justifie un accompagnement. |
Démarrer en 4 semaines pour sortir du brouillard
| En bref : quatre semaines ne suffisent pas à guérir un burnout autistique. Elles permettent toutefois de réduire les demandes, d’observer son énergie et de préparer un accompagnement. Chaque semaine propose ainsi un objectif mesurable, une micro-habitude et un repère sensoriel. |
|
Semaine |
Objectif mesurable | Micro-habitude | Repère sensoriel |
| 1. Observer |
Remplir le relevé d’énergie 5 soirs sur 7 |
2 minutes de notes, minuteur à l’appui |
Repérer un lieu calme chez soi |
| 2. Alléger |
Reporter ou supprimer 2 obligations non essentielles |
Dire « je te réponds demain » une fois |
10 minutes au calme après chaque interaction longue |
| 3. Démasquer un peu | Alléger 1 seul masque, dans un lieu sûr |
Noter l’énergie avant et après |
Utiliser le kit sensoriel dès le premier signal |
| 4. Relier |
Partager ses notes avec 1 personne de confiance ou un professionnel |
Relire la boussole des valeurs |
Garder un créneau fixe de retrait quotidien |
| En bref : quatre semaines ne suffisent pas à guérir un burnout autistique. Elles permettent toutefois de réduire les demandes, d’observer son énergie et de préparer un accompagnement. Chaque semaine propose ainsi un objectif mesurable, une micro-habitude et un repère sensoriel. |
| N° | Affirmation | 0 Jamais | 1 Parfois |
2 Assez souvent |
3 Souvent |
| A. Épuisement et perte de compétences — score partiel : ___ / 12 | |||||
| 1 | Je me sens épuisé·e, même après une nuit complète ou un week-end. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 2 | Des tâches autrefois simples, comme cuisiner ou répondre à un message, me semblent hors de portée. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 3 | J’ai plus de mal qu’avant à trouver mes mots ou à parler. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 4 | Mon organisation, ma mémoire ou ma concentration se sont nettement dégradées. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| B. Surcharge sensorielle et sociale — score partiel : ___ / 12 | |||||
| 5 | Les bruits, lumières ou odeurs me paraissent plus envahissants qu’avant. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 6 | J’ai besoin de longs moments seul·e pour récupérer après une interaction. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 7 | Les imprévus me désorganisent plus fortement qu’avant. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 8 | Je vis plus souvent des effondrements ou des moments de fermeture (shutdown). | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| C. Masquage — score partiel : ___ / 12 | |||||
| 9 | Je prépare mentalement mes conversations ou j’utilise des phrases toutes faites. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 10 | En public, je surveille en permanence mon visage, mon regard ou ma posture. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 11 | J’ai l’impression de jouer un rôle pour être accepté·e. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 12 | Après une journée sociale, je me sens vidé·e, comme après un gros effort physique. | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| Score total : ___ / 36 | |||||
Lire vos scores avec prudence
Additionnez d’abord les points de chaque partie, notés sur 12. Ainsi, un score partiel de 0 à 4 signale peu de difficultés. Entre 5 et 8, en revanche, les signaux méritent votre attention. Enfin, à partir de 9, un échange avec un professionnel formé à l’autisme adulte est recommandé. Par ailleurs, un total supérieur à 20 sur 36 invite à consulter. Ces seuils restent indicatifs, car ce questionnaire n’a pas été validé scientifiquement. Des outils validés, comme la CAT-Q, peuvent ensuite être proposés en séance. Quel que soit votre score, des pensées suicidaires justifient un appel immédiat au 3114 ou aux urgences locales. Vos résultats vous interpellent ? Parlons-en simplement, sans jugement et à votre rythme. Échanger avec Delphine — Ne remplace pas un avis médical.| ➜ Vos scores vous interpellent ? Échanger avec Delphine. Ne remplace pas un avis médical. |
Pour aller plus loin : un podcast et une chaîne YouTube
Pour entendre des vécus, écoutez le podcast Murmures Atypiques. Plusieurs épisodes évoquent notamment le diagnostic tardif, le masking et l’épuisement chez les adultes TSA et TDAH.
Côté vidéo, la chaîne YouTube de Julie Dachez offre un regard précieux. Docteure en psychologie sociale, diagnostiquée à 27 ans, elle vulgarise l’autisme au féminin avec rigueur et humour. Retrouvez enfin l’ensemble du blog Agir & Devenir.
Delphine Delerue, psychopraticienne intégrative et fondatrice d’Agir & Devenir, à Dakar et en ligne. Ce contenu informatif ne remplace pas un avis médical.
FAQ : vos questions sur le burnout autistique
Peut-on vivre un burnout autistique sans diagnostic d’autisme ?
Oui, et c’est même fréquent. Beaucoup d’adultes découvrent en effet leur fonctionnement autistique à l’occasion d’un épuisement. Un bilan réalisé par un professionnel formé à l’autisme adulte permet alors de clarifier la situation.
Combien de temps dure un burnout autistique ?
La durée varie beaucoup d’une personne à l’autre. Selon la définition de Raymaker, un épisode dure généralement plus de trois mois. Certaines personnes décrivent pourtant des épisodes plus courts. La récupération dépend donc surtout de la baisse réelle des demandes et de l’environnement.
Les antidépresseurs aident-ils en cas de burnout autistique ?
Ils peuvent aider si une dépression coexiste avec le burnout. Seul un médecin peut en décider et adapter le traitement. En revanche, un médicament ne remplace pas la réduction de la surcharge sensorielle et sociale.
Peut-on reprendre le travail ou les études après un burnout autistique ?
Oui, le plus souvent, à condition d’ajuster le cadre. Par exemple, télétravail partiel, espace calme, consignes écrites ou horaires souples font une vraie différence. Notre article sur la neuro-inclusion en entreprise détaille ces aménagements.
La thérapie en ligne convient-elle aux personnes autistes ?
Souvent, car elle limite la charge sensorielle des déplacements et des salles d’attente. Vous choisissez ainsi votre lieu, votre lumière et votre niveau de caméra. Les séances ont lieu à Dakar ou en visio, y compris pour les personnes expatriées.
À propos de : Delphine Delerue est psychopraticienne intégrative et fondatrice d’Agir & Devenir. Elle accompagne adultes et couples, en ligne et à Dakar, notamment face à l’anxiété, au trauma et aux TCA. Son approche associe TCC de 4e vague, hypnose, RITMO-EMDR, IFS, thérapie des schémas et pleine conscience. En savoir plus sur Delphine. |
Ressources
D'autres articles

Peur d’aller en thérapie : et si vos peurs avaient raison ?
Vous hésitez à consulter depuis des semaines, voire des mois ? Ces peurs n’ont rien d’un caprice : elles parlent de vos besoins de respect, de rythme et de sécurité.
Découvrez les 20 craintes les plus fréquentes, ce qu’elles

L’intéroception, ce sens oublié qui relie trauma, anxiété et troubles alimentaires
Vous oubliez de manger, vous ne sentez la fatigue qu’au moment de craquer, ou chaque battement de cœur vous alarme ?
Ce n’est pas un manque de volonté : c’est peut-être votre intéroception, ce sens oublié qui relie trauma,